La Thaïlande est un pays central dans la géographie de l’Asie du Sud-Est. Sa position en fait un lieu d’échanges permanents et ses multiples ressources ont attisé la convoitise de ses voisins à toutes les époques.

Sous tutelle, envahi ou régi par la force, le pays ne s’est pourtant jamais départi de son fameux sourire et c’est peut-être grâce à lui qu’il a pu intégrer les différentes ethnies qui le composent au sein d’un ensemble national imparfait mais en perpétuelle évolution. Ainsi, la culture thaïlandaise s’adapte en permanence et en fait un pays ouvert, riche et coloré où les possibles sont souvent plus nombreux qu’ailleurs.

Les symboles de la culture thaïlandaise

La culture thaïe est empreinte de respect qui se remarque dans tous les gestes quotidiens. Découvrez quelques aspects de la tradition et de la vie culturelle en Thaïlande.

Le savoir-vivre thaï : sourire et respect

Le sourire est très répandu sur les visages des Thaïs. Il est synonyme de politesse, de respect, d’hospitalité et de remerciement. Lorsque vous pénétrez chez un Thaï, vous devez ôter vos chaussures. Il est formellement interdit de mettre les pieds sur la table lorsque vous êtes assis, de même que vos pieds ne doivent jamais pointer vers quelqu’un. La tête est considérée comme la partie la plus noble du corps et ne doit donc pas être touchée, même dans un geste amical. Enfin, il est très mal vu de perdre patience lors d’un conflit avec une personne.

Le Bouddhisme

95 % des Thaïs sont bouddhistes, les temples sont donc nombreux en Thaïlande. Il est obligatoire d’ôter ses chaussures et de ne pas porter des vêtements trop dénudés (short, maillot de bain, etc.) lors d’une visite. Les moines bouddhistes occupent le rang le plus important dans la société thaï. Le vœu de chasteté qu’ils ont prononcé leur interdit tout contact avec une femme. Si vous êtes une femme et que vous rencontrez un moine, gardez vos distances et inclinez-vous légèrement en souriant. Les fêtes des temples ont lieu pendant la période fraîche (de novembre à début mars) afin de réunir des fonds pour les entretenir. Ces festivités engendrent une ambiance de carnaval où la gastronomie tient la part belle. Sachez enfin que tous les arts (peinture, sculpture, architecture, danse et musique) sont profondément imprégnés par le bouddhisme. Le but de l’artiste est avant tout d’exprimer sa vénération et obtenir des mérites (récompenses obtenues par des actes de charité et comptabilisées lors d’une prochaine réincarnation). Les temples sont ornés de peintures et bas-reliefs représentant des épisodes de la vie du Bouddha. Les statues à son image sont très nombreuses.

bouddhisme
Bouddhisme ©Sasin Tipchai / Pixabay

La Monarchie

La famille royale est très respectée par les thaïs. La présence de photos représentant le roi et la reine dans les maisons est chose courante. À savoir : au cinéma, le portrait du roi apparait sur l’écran avant le film en même temps que retentit l’hymne national ; l’usage veut que toute la salle se lève en signe de respect.

La méditation

La méditation fait partie intégrante de la culture thaïlandaise. Dans un sens plus large, elle fait aussi partie des coutumes asiatiques. Elle permet notamment d’accroître les capacités de concentration et se fait pendant une période de retraite, loin du tumulte extérieur. Les participants doivent généralement se conformer à un mode de vie strict, mais nécessaire à la parfaite réussite de cette période.

La Boxe thaï

Extrêmement populaire en Thaïlande, la boxe est fréquemment retransmise en Thaïlande, à la même fréquence que les matchs de foot chez nous. Profitez de votre séjour pour assister à un spectacle de lutteurs. Une expérience à vivre car les sportifs combattent au son de percussions et de divers instruments de musique.

Boxe thaï
Boxe Thaï ©Sasin Tipchai / Pixabay

L’artisanat

Les Thaïlandais sont très fiers de leur artisanat et à juste titre. N’hésitez pas à acheter des objets fabriqués à partir de tissage de la soie, de coton, d’argenterie, de poterie. Découvrez également de nombreux articles en bronze, en étain et en bois. Enfin, vous trouverez de nombreux bijoux (saphirs, rubis, opales, jades, topazes…) en Thaïlande.

Géographie : Un pays aux multiples couleurs en Asie du Sud-Est

Située en plein cœur de l’Asie du Sud-Est, la Thaïlande fait frontière commune avec quatre pays distincts : le Myanmar, le Laos, le Cambodge et la Malaisie. Cette situation géographique particulière en a fait un lieu de rencontre des cultures et des modes de vies, qui a produit toute la diversité ethnique qui la caractérise. Sa superficie de 513 120 km2 accueille plus de 69 millions d’habitants, divisés en groupes humains très hétérogènes.

Le tracé des contours du pays forme une sorte de tête d’éléphant qui s’étend des régions montagneuses au Nord, jusqu’aux plaines fertiles du Sud et ses îles paradisiaques. Grâce à cette diversité climatique et topographique, la Thaïlande affiche une biodiversité foisonnante avec plus de 27 000 espèces de plantes, dont un millier d’orchidées et plus de 600 espèces de poissons. La culture gastronomique thaïlandaise a su tirer parti de cette incroyable réservoir de ressources de saveurs et elle est souvent désignée comme l’une des plus créatives au monde.

Au Nord, un relief important et protecteur

La Thaïlande est un pays contrasté par un relief important qui a façonné des régions aux cultures très variées. Au Nord, les montagnes karstiques et les forêts ont de tous temps protégé les populations locales de l’invasion des peuples belliqueux. Autour de Chiang Maï, de multiples minorités ethniques continuent de vivre selon leurs traditions, bien que les sirènes du progrès se fassent chaque jour un peu plus pressantes. C’est dans ces massifs que la plupart des grands fleuves qui iront irriguer les plaines du centre prennent leur source, pour le plus grand bonheur des riziculteurs thaïlandais. Dans cette région, on trouve également les dernières exploitations de teck qui subsistent malgré une intense déforestation, visible depuis les années 60.

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Cultivateur de riz ©Sasin Tipchai / Pixabay

La région de l’Isan, au Nord-Est, jouit d’un relatif désintérêt de la part des touristes et des exploitants. Son climat aride et ses hauts plateaux la protègent des convoitises, même si de plus en plus de voyageurs se risquent sur ces terres où la saison sèche dure plus longtemps que n’importe où ailleurs en Thaïlande. Ici, on cultive de la soie ou des herbes médicinales pour prospérer. A l’Ouest, la frontière avec le Myanmar est jalonnée là encore de hautes montagnes forestières, limitant les échanges et l’accès au territoire. Ainsi protégée des intentions d’expansion de ses voisins, la Thaïlande a pu concentrer son développement dans le Sud et ses plaines fertiles.

Vers le Sud et son hydrographie stimulante

Du Nord au Sud, la Thaïlande a longtemps été un passage obligé pour rejoindre Singapour et la Malaisie par voie terrestre, jusqu’à ce que les moyens aériens ne désenclavent la péninsule malaise. Bien que bordée par la mer d’Andaman et le Golfe de Thaïlande, le pays s’est surtout développé grâce à son orientation terrestre. La plaine du centre accueille en effet les estuaires du Chao Praya et de multiples fleuves, y façonnant un lieu idéal pour le développement de la riziculture. Cette caractéristique a permis à la Thaïlande de devenir le « bol de riz de l’Asie du Sud-Est » favorisant les échanges commerciaux avec ses voisins et stimulant l’activité économique.

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Les rizières ©Sasin Tipchai / Pixabay

Favorisé par son climat tropical et la mousson, le pays est devenu le premier exportateur de riz de la région, une caractéristique qui a forgé la puissance de l’ancien Royaume de Siam. Sur l’isthme de Kra, fine bande de terre qui poursuit sa route depuis les plaines du centre, se trouvaient d’importants ports de pêches qui jalonnaient cette voie hautement stratégique. Aujourd’hui, les îles de Phuket et de Koh Samui sont représentatives du virage habilement négocié par la Thaïlande, qui a su tirer parti de sa géographie de carte postale pour attirer les touristes du monde entier sur ses plages paradisiaques.

Histoire : Des premiers hommes à la modernité

La Thaïlande se prévaut d’être le seul pays d’Asie du Sud-Est à ne jamais avoir été colonisé. Malgré de multiples agressions et une position centrale qui aurait pu la desservir, la région s’est protégé grâce aux nombreux remparts naturels que forment les chaînes de montagnes forestières au Nord et les larges estuaires des grands fleuves au Sud.

De la préhistoire aux premiers Thaïs

La culture thaïlandaise et ses origines remontent à 700 000 ans. On a découvert des vestiges d’Homo Erectus qui laissent penser que la région était déjà considérée comme féconde pour les communautés de chasseurs cueilleurs. Ainsi, peu à peu, leurs sociétés se sont organisées autour de la culture du riz et grâce à l’utilisation d’objets en bronze.

À partir du IIIème siècle, les écrits chinois nous permettent de suivre l’évolution de la région et la diversité des peuples qui prirent le contrôle des villes et terres cultivables. On pense que derrière le nom de « Fou-Nan », donné par les chinois, se cachait un peuple Khmer qui aurait très vite perdu son hégémonie au profit des « Môns », venus d’Inde. Les textes des sages de l’Empire du Milieu relatent d’importants faits d’armes par les cités-états qui jalonnaient l’isthme de Kra. Ces puissantes sociétés contrôlaient les accès à la péninsule malaise et ne furent délogés que par la prise de contrôle graduelle mais inarrêtable Khmer de l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. C’est à cet instant, autour du IXème siècle que les premiers Thaïs, venus du Sud de la Chine, ont commencé à s’installer.

Le temps des royaumes

Au cours des XI et XIIème siècles, l’élément Thaï devient prédominant dans le royaume Khmer et en 1238, le clan de Sukothaï obtient son indépendance politique et couronne son premier roi. L’avènement de Rama Khamheng est généralement considéré comme l’acte fondateur de la nation thailandaise. En parallèle, d’autres royaumes se développent, notamment celui de Lan Na au Nord, régi par le roi Mengrai qui fondera la ville de Chiang Maï ou celui Phayao dirigé par le roi Ngam Muang. Moins d’un siècle plus tard, Sukothaï perdait de sa prévalence mais la période aura permis de poser les bases de l’identité thaïe avec le développement du bouddhisme, d’un art et d’une écriture spécifique.

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Histoire du Bouddhisme ©Dean Moriarty / Pixabay

À partir de 1350, c’est le royaume d’Ayutthaya qui s’impose dans la région. Pendant plus de quatre siècles, 74 monarques se succèdent et diffusent le bouddhisme Theravada ainsi que la Dharmashastra, un ensemble de codes hindous et thaïs. Après l’invasion birmane en 1765 et la destruction de la capitale ainsi que de la plupart de ses temples et édifices religieux, le général Taskin rentre dans l’histoire en chassant les armées birmanes et déplace la capitale à Thonburi sur les rives du Chao Praya. Il est alors proclamé roi puis évincé rapidement par le général Chakri qui fonda la dynastie des Rama et choisit Bangkok pour capitale. Depuis, les Rama se sont succédé au pouvoir, chacun ayant apporté leur contribution au développement de la culture thaïlandaise.

La Thaïlande moderne

La monarchie constitutionnelle remplace la monarchie absolue en 1932 lors d’un coup d’état. Contrainte par le pouvoir des militaires, la dynastie des Rama perd tous ses pouvoirs et doit s’allier à l’armée pour gouverner le pays. En 2006, le chef de l’armée organise un nouveau coup d’état et s’empare des pleins pouvoirs. Il est confirmé par le premier vote référendaire du pays, auquel les thaïs votent à 58% en faveur de la nouvelle constitution. En 2007, de nouvelles élections marquent le retour à un ordre démocratique.

En 2011, et pour la première fois, c’est une femme qui se voit confier le poste de premier ministre. Yingluck Shinawatra, sœur d’un ancien dirigeant du pays, voit alors le pays pris de convulsions sociales et de nombreuses manifestations éclatent. Elle est finalement destituée de ses fonctions en 2014. La junte militaire, menée par Prayut Chan-O-Cha reprend alors le pouvoir et impose la loi martiale au pays pour tenter de calmer les troubles provoquées par les chemises rouges, tout en condamnant le clan Yingluck pour sa probable corruption. Seul dans la tempête, le roi Rama IX fut, jusqu’en 2016, le dernier repère politique stable en Thaïlande et offrit un semblant d’unité à un pays où le sourire est désormais dans la rue.

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Le sourire thailandais ©Sasin Tipchai / Pixabay

Les Personnages célèbres de Thaïlande

La culture thaïlandaise est à l’image de son pays, foisonnante, créative et exploratrice. Parmi les plus appréciés de ses artistes, figure en tête de liste le poète Sunthorn Phu. Célébré tous les ans le 26 juin, cet artiste du 17ème siècle fut le favori des rois Rama II et Rama III. À la fois lyrique et moraliste, ce trublion des cours royales est tout aussi apprécié des masses populaires dont il fut un éducateur, mais aussi un vecteur de divertissement et qui continue de réjouir les Thaïs d’aujourd’hui.

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Le poète Sunthornphu ©Anoyama / Wikipédia Commons

Très intéressés par les questions sociales, les Thaïs s’impliquèrent de tous temps dans la vie politique de leur pays. Malgré les déceptions dues à la brutalité des militaires ou aux promesses non tenues, certaines figures politiques continuent de garder une réelle aura populaire. C’est le cas de Khun Purachai. Né en 1950, cet ancien ministre de l’intérieur s’était mis en tête de faire appliquer des lois existantes, en particulier celles concernant les établissements de nuit. Contrôle des mineurs, fermetures obligatoires à 2h du matin ou encore contrôles urinaires sur les visiteurs des boîtes de nuit, il fut contraint de faire machine arrière à cause de la puissance des lobbys de la nuit. Mais il conserve toute la tendresse du peuple Thaï, notamment pour son intégrité.

Parmi les figures de la dynastie Chakri, le roi Rama IX occupe une place à part. Décédé en 2016, son règne aura duré plus de 70 ans. Adulé comme un souverain exceptionnel, il aura participé à améliorer le sort des plus mal lotis, dénoncé la corruption rampante dans le pays et intégré les ethnies du Nord au destin de la nation thaïe toute entière. Ayant traversé toutes les turpitudes du XXème siècle, il est aussi apprécié pour sa capacité à concilier les différentes parties prenantes des multiples coups d’état qui ont jalonné son règne. Malgré quelques controverses, liées notamment à son immense fortune ou au culte de sa personnalité promu par les médias, il n’en reste pas moins l’une des figures tutélaires du pays et l’ampleur populaire de ses funérailles témoigne de toute l’affection que lui portaient ses sujets et de son importance dans la culture thaïlandaise.

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Le Royal Crématorium de Rama IX ©

Maintenant que vous en savez plus sur la culture thaïlandaise, envolez-vous pour Bankgok. La capitale saura vous charmer avec ses marchés flottants et ses nombreux temples. À moins que vous ne partiez pour le sud, vers l’île de Phuket et ses plages paradisiaques !

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