Comment faire des photos de soi en voyage quand on est seul

Comment faire des photos de soi en voyage quand on est seul : 9 techniques pratiques

Voici mes techniques photo solo en voyage : retardateur, trépied, drone, POV… pour vous intégrer aux images sans narcissisme et créer un album équilibré.

J’adore la photo, et j’adore voyager… mais quand je feuillette mes souvenirs, il m’arrive d’avoir cette drôle d’impression : j’ai tout vu, tout capturé, et pourtant je suis presque absent des images. Toujours derrière l’objectif, jamais dans le cadre. Sans tomber dans le selfie systématique (ni transformer le séjour en démonstration d’ego), se glisser ponctuellement dans ses photos donne un récit plus vivant, plus incarné, et surtout plus varié. C’est exactement ce qui fait la différence entre une suite de paysages et une histoire personnelle, le genre d’équilibre qu’on aime retrouver au moment de composer un album photo de voyage. Dans cet article, je vous partage mes techniques : certaines gratuites et immédiates, d’autres qui demandent un accessoire supplémentaire… mais toutes pensées pour rester naturel, même quand on voyage seul.

Le selfie n’est pas une fatalité : faites-en une “photo de scène”, pas un autoportrait

Je ne suis pas un grand fan du selfie classique (bras tendu, grand-angle qui déforme, sourire automatique). Mais quand j’en fais, j’essaie de le transformer en vraie photo. L’idée : vous placer dans un contexte, comme un personnage dans un décor, plutôt que “votre tête + un bout de paysage”. Voici en exemple une photo de moi allongé dans l’herbe, yeux fermés, avec la prairie en arrière-plan : on sent le moment, la respiration, la pause. Concrètement, je privilégie si possible le mode grand-angle (pour privilégier le lieu plus que ma tête). Je cherche aussi une ligne de fuite (chemin, muret, rivage) ou un élément qui cadre pour donner une intention. Et si vous n’aimez pas votre visage en gros plan : tournez légèrement la tête, cachez une partie avec un chapeau, ou laissez le regard hors champ. Le selfie devient alors une photo d’ambiance… et ça change tout.

Selfie, l'air naturel, au milieu d'une pairie © Max Zed
Selfie, l’air naturel, au milieu d’une pairie © Max Zed

Le retardateur est mon ami : la technique la plus simple pour un rendu “photo prise par quelqu’un”

Le retardateur, c’est l’option sous-cotée parce qu’elle est… trop évidente. Pourtant, sur smartphone comme sur appareil photo, c’est souvent ce qui donne le résultat le plus naturel : vous n’êtes pas collé à l’objectif, donc la scène respire. Je m’en sers dès que je peux poser l’appareil de façon stable (muret, rocher, banc, sac à dos). Voici un exemple (moi de dos en train de marcher sur une route forestière) qui coche toutes les cases : silhouette lisible, décor qui raconte, geste spontané. Mes réglages : 10 secondes (ou plus, le temps de me placer), puis je marche tranquillement sans regarder l’appareil. Astuce simple : je fais 3 à 5 prises d’affilée, parce qu’entre le pas, le vent, un passant ou un micro-bougé, la meilleure photo est souvent la 3e. Et si vous êtes sur téléphone : activez la grille, vérifiez l’horizon, puis laissez la scène vivre.

Photo de soi en voyage avec retardateur ou télécommande © Max Zed
Photo de soi en voyage avec retardateur (ou télécommande) © Max Zed

💡 Petit tips “souvenir” : pensez vos photos comme une histoire, pas comme une collection d’images. Alternez plans larges, détails, et clichés où l’on vous voit (ou vous devine) : au montage, ça change tout. C’est exactement ce qui rend un album photo de voyage plus vivant et équilibré.

Télécommande Bluetooth / déclencheur à distance : l’arme secrète pour rester naturel

Le retardateur marche très bien, mais il a un défaut : on finit parfois par “jouer la photo” au moment où ça déclenche. Avec une petite télécommande Bluetooth (ou un déclencheur compatible selon votre appareil), vous reprenez le contrôle : vous vous placez, vous attendez le bon instant… et vous déclenchez quand l’attitude est vraiment naturelle. C’est idéal pour les poses simples (assis sur un muret, appuyé à une rambarde, regard vers le paysage), mais aussi pour les scènes un peu plus vivantes, comme mon exemple ou je saute en même temps qu’appuyer sur le bouton (scène qui aurait très compliquée à synchroniser avec un retardateur simple). Mon conseil : cachez la télécommande dans la main opposée à l’objectif (celle derrière mon corps sur mon exemple), ou dans une poche avec le doigt sur le bouton si ça capte bien. Et surtout, ne cherchez pas la perfection : faites une mini-série de 10 déclenchements, vous choisirez ensuite l’image la plus “vraie”, celle où vous ne semblez pas en train de poser.

Se prendre en photo avec une télécommande © Max Zed
Se prendre en photo en Lozère avec une télécommande © Max Zed

GorillaPod : le mini-trépied léger qui sauve (presque) toutes les situations

Quand je voyage seul, le GorillaPod est mon allié discret : léger, compact, et surtout accrocheur. Là où un trépied classique est encombrant et parfois interdit ou mal vu, ce petit outil se pose partout… ou s’enroule autour de presque tout (barrière, branche, rambarde, poteau). Ça ouvre des angles impossibles autrement : hauteur de poitrine, point de vue bas au ras du sol, cadrage en plongée légère… et donc des images beaucoup plus variées. Je l’utilise autant pour le retardateur que pour une prise au déclencheur (on en parle juste après). Mon petit conseil “terrain” : avant de partir en courant dans le cadre, je teste la stabilité en tapotant légèrement le support (si ça vibre, je change de point d’appui) et je fais attention aux zones glissantes (rochers humides, rambardes fines).

Tripod flexible Gorillapod  de Joby
Tripod flexible Gorillapod de Joby

Drone : l’angle de vue qui raconte l’échelle (et vous replace dans le décor)

Le drone, c’est le grand écart assumé : on passe de la photo “intime” à une image qui met l’humain à sa juste place, minuscule face au décor. Vous l’avez bien senti avec cet exemple de photo que j’ai prise en haut d’un château dans le Roannais, et où l’on vous voit seul de dos : ce type d’image marche parce qu’il raconte la solitude choisie, la contemplation, la dimension du lieu. Techniquement, c’est aussi très confortable en solo : vous pouvez prendre du recul, vous positionner, puis déclencher à distance sans vous précipiter. Deux règles d’or, néanmoins : d’abord la sécurité (vent, obstacles, foule) et ensuite la réglementation (zones interdites, proximité d’aéroports, survol de personnes). En pratique, je vise des scènes simples et lisibles : une silhouette sur un chemin, un point fixe (vous) et une composition qui guide l’œil (allée, cour, rivière).

Photo de soi avec un drone dans le Roannais © Max Zed
Photo de moi avec un drone dans le Roannais © Max Zed

ActionCam + dragonne : parfait pour se capturer en mouvement (sans y penser)

L’actioncam (type GoPro) avec dragonne main ou poignet (comme celle que j’utilise), c’est la solution quand le voyage devient… sportif. Montagne russe, kayak, via ferrata, VTT, randonnée engagée : là où un téléphone est fragile et où un appareil photo classique devient une contrainte, l’actioncam me permet de rester dans l’action tout en ramenant une image où vous existez vraiment. Pour l’exemple, cette photo de moi dans un coaster est parlante : ce genre de photo, même imparfaite, transpire l’instant, l’émotion vécue. Le secret, c’est de penser sécurité et stabilité avant l’esthétique : dragonne bien serrée, objectif propre, et si possible une fixation qui libère les mains (harnais poitrine ou casque) selon l’activité. Niveau rendu, j’assume le côté grand-angle : il donne de l’énergie, et il capture aussi le décor autour de vous. Et surtout, ne cherchez pas à vous cadrer parfaitement : laissez l’action faire le travail. Ce sont souvent les images les plus spontanées (un peu brutes) qui deviennent les meilleures, parce qu’elles racontent la sensation.

Selfie avec une ActionCam et dragonne en plein action © Max Zed
Selfie avec une ActionCam et dragonne en plein action © Max Zed

Le POV : s’immerger en s’intégrant “par morceaux” (mains, jambes, silhouette)

Le POV (Point Of View), c’est ma technique préférée quand je veux être présent sans occuper la photo. On ne voit pas forcément votre visage, mais on comprend que vous êtes là, au cœur de la scène. Voici deux exemples qui sont exactement dans l’esprit : ma main au volant pendant qu’un troupeau de moutons traverse la route en Lozère, ou mes jambes dans le vide face aux falaises de Lagos (Portugal). Ce sont des images qui racontent une sensation : l’attente, l’adrénaline douce, le vertige, le silence. Pour réussir un POV, je pense en trois éléments : un premier plan “humain” (main, genou, chaussure, ombre), un sujet fort (route, mer, ruelle, montagne) et une ligne directrice (rambarde, horizon). Côté pratique : faites la mise au point sur le décor (pas sur la main), et surveillez les bords du cadre (un doigt coupé ou une jambe trop centrée casse vite l’effet). Le POV donne une photo très “cinéma”, et il rendra un album tout de suite plus vivant.

Reflets, silhouettes et ombres : se glisser dans la photo sans se mettre au centre

Quand je voyage seul, j’adore ces astuces qui me rendent présent sans transformer l’image en autoportrait. Les reflets sont parfaits pour ça : vitrine, flaque, vitre de train, miroir dans un café… vous obtenez un “cadre dans le cadre” créatif et discret. Je bouge simplement de quelques centimètres jusqu’à ce que le reflet devienne lisible, et je baisse un peu l’exposition si ça brille trop. Ensuite, dès que la lumière s’y prête, je joue la carte silhouette/contre-jour/ombre portée : on me devine, mais le décor reste le héros. Un soleil bas, un lampadaire, un passage étroit… et votre forme “claque” si la scène est épurée. Un chapeau ou un profil flou suffisent souvent à signer l’image sans l’alourdir.

L'ombre face au paysage
L’ombre face au paysage © Christopher Moswitzer

Demander à un inconnu… mais intelligemment (et en 15 secondes chrono)

On n’y pense pas toujours, mais demander une photo à quelqu’un reste parfois la manière la plus simple d’obtenir une image “comme si vous voyagiez à deux”. Le problème, ce n’est pas l’inconnu : c’est le brief. Si vous dites juste “vous pouvez me prendre en photo ?”, vous récupérez souvent un cadrage aléatoire, un horizon penché, et une photo trop serrée. Moi, je fais l’inverse : je prépare tout avant (réglage, mode portrait si je veux un rendu doux, ou grand-angle si le décor compte), je montre rapidement où je veux me placer, et je donne une consigne ultra simple : “Pouvez-vous me cadrer en pied, avec un peu d’espace au-dessus, et le monument entier derrière ?” Si la personne semble pressée, je demande 2 photos max.


Être dans vos photos, c’est surtout raconter mieux

Se prendre en photo en solo, ce n’est pas se mettre au centre du monde : c’est rééquilibrer votre récit. Entre le retardateur, le GorillaPod, le déclencheur à distance, le POV, les silhouettes, ou même un inconnu bien briefé, vous avez de quoi varier les angles sans tomber dans le selfie répétitif. Alors alternez une photo “où l’on vous voit”, une photo “où l’on vous devine”, et une photo “purement paysage”. Votre album gagnera tout de suite en rythme. Et si le sujet vous plaît, on peut prolonger avec des idées de poses inratables, ou un guide pour trier et mettre en page un album qui raconte vraiment le voyage.

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