Maurice se visite mal depuis une chaise longue. L’île tient dans 65 kilomètres de long, mais elle change complètement de visage entre le lagon turquoise du nord, les falaises battues du sud et les forêts du plateau central. Passer d’un décor à l’autre demande rarement plus d’une heure de route — encore faut-il avoir les clés. Une location de voiture à Maurice réservée avant le départ coûte souvent moins que trois courses de taxi et ouvre la seule version intéressante de l’île : celle qu’on parcourt soi-même. Voici un itinéraire d’une semaine, pensé pour limiter les trajets inutiles.
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Jour 1 — Arrivée et sud-est : Mahébourg, Blue Bay
L’aéroport se situe au sud-est, à quelques minutes de Mahébourg. Inutile de traverser l’île le premier soir : la région mérite une nuit à elle seule. Le lagon de Blue Bay, protégé et peu profond, offre l’un des meilleurs spots de snorkeling accessibles depuis la plage. Le lendemain matin, le marché de Mahébourg donne un premier aperçu de la vie locale, loin des complexes hôteliers.
Jour 2 — Le sud sauvage : Souillac, Gris Gris, La Vanille
Direction l’ouest par la côte sud, la partie la moins fréquentée de l’île. À Gris Gris, près de Souillac, il n’y a pas de récif : l’océan frappe directement la falaise, et le contraste avec les lagons du nord est saisissant. On ne s’y baigne pas, on regarde.

Un peu plus loin dans les terres, La Vanille Nature Park abrite des tortues géantes et des crocodiles ; c’est l’arrêt qui plaît autant aux adultes qu’aux enfants. La cascade de Rochester Falls, en contrebas de Souillac, se rejoint par une piste courte mais cabossée — l’occasion de constater que la garde au sol d’un petit SUV n’est pas un luxe inutile sur cette côte.
Jour 3 — Chamarel, Le Morne et les gorges
La journée la plus spectaculaire du parcours. La route monte vers Chamarel, ses terres aux sept couleurs et sa cascade, puis redescend vers Le Morne, ce piton basaltique classé qui domine la pointe sud-ouest. Le site est chargé d’histoire : c’est là que des esclaves marrons trouvèrent refuge, et le lieu figure au patrimoine mondial de l’UNESCO à ce titre.
Entre les deux, le parc national des gorges de la Rivière Noire propose plusieurs sentiers, du point de vue accessible en quelques minutes à la randonnée de plusieurs heures. Prévoir de l’eau : il fait plus frais qu’en bord de mer, mais l’humidité compense largement.

Jour 4 — La côte ouest : Tamarin, Flic en Flac
Journée plus tranquille sur la côte ouest, réputée pour ses couchers de soleil. La baie de Tamarin est connue pour les sorties d’observation des dauphins, à réserver la veille et à faire très tôt le matin. Flic en Flac déroule ensuite une longue plage bordée de filaos, avec de quoi déjeuner sur le pouce.
C’est aussi le bon endroit pour goûter la cuisine de rue mauricienne : dholl puri, ces galettes garnies de pois cassés, gâteaux piments, mine frite. Quelques roupies, et un repas nettement plus intéressant que la carte internationale des hôtels.
Jour 5 — Le plateau central : Curepipe, Grand Bassin, Port-Louis
Le centre de l’île se situe en altitude, il y pleut davantage et la température baisse sensiblement. À Curepipe, le cratère du Trou aux Cerfs offre un panorama circulaire sur l’île entière quand le ciel est dégagé.
Plus au sud, Grand Bassin — Ganga Talao — est un lac de cratère devenu le principal lieu de pèlerinage hindou de Maurice, gardé par de hautes statues. Le lieu est un site religieux actif : tenue correcte et discrétion sont de mise.

L’après-midi, Port-Louis mérite deux ou trois heures, pas davantage en pleine chaleur. Le marché central, le Caudan Waterfront et le quartier chinois se parcourent à pied. Conseil pratique : se garer dans un parking payant plutôt que de chercher une place en centre-ville, où la circulation est dense aux heures de bureau.
Jour 6 — Le nord : Grand Baie, Pamplemousses, Cap Malheureux
Le nord concentre l’animation : restaurants, boutiques, plages faciles à Trou aux Biches et Mont Choisy. Le jardin botanique de Pamplemousses, l’un des plus anciens de l’hémisphère sud, vaut la visite pour ses nénuphars géants et ses allées de palmiers.
Au bout de l’île, la petite église au toit rouge de Cap Malheureux, avec les îlots du nord en arrière-plan, est l’un des points de vue les plus photographiés de Maurice — et l’un des rares qui tienne ses promesses.
Jour 7 — L’est : Belle Mare et Île aux Cerfs
La côte est offre des plages plus larges et plus ventées, moins construites que le nord. Belle Mare se prête à une dernière journée sans programme. Depuis Trou d’Eau Douce, les bateaux rejoignent l’Île aux Cerfs en une vingtaine de minutes ; on laisse la voiture au parking de l’embarcadère.

Conduire à Maurice : ce qui surprend
- On roule à gauche, avec de très nombreux ronds-points. Les premiers kilomètres demandent de la concentration, surtout aux intersections.
- Les limitations : 40 km/h en agglomération, 80 km/h sur route, 110 km/h sur l’autoroute nord-sud. Les contrôles existent.
- La nuit tombe tôt, vers 18 heures, et beaucoup de routes secondaires ne sont pas éclairées. Mieux vaut planifier les trajets de jour.
- Les averses du plateau sont brèves mais intenses ; la chaussée devient glissante quelques minutes.
- Le GPS du téléphone fonctionne bien, à condition de télécharger la carte hors ligne avant de partir.
Quand partir
La saison sèche, de mai à novembre, offre les conditions les plus confortables pour rouler : moins d’humidité, températures agréables, et des tarifs de location généralement plus doux qu’en décembre-janvier. La période cyclonique, de janvier à mars, n’interdit pas le voyage mais impose de suivre les bulletins météo locaux.
Un dernier point qui compte : réserver le véhicule bien à l’avance. Le parc de l’île est limité, et pendant les vacances scolaires européennes, ce qui reste disponible se paie au prix fort.
Ce qu’il faut retenir
Une semaine suffit à faire le tour de Maurice sans courir, à condition de dormir dans deux régions différentes plutôt que de rentrer chaque soir au même hôtel. Le sud pour les paysages, l’ouest pour les couchers de soleil, le nord pour l’animation, l’est pour finir au calme. Et entre tout cela, des routes courtes, une conduite qui s’apprend en une matinée, et la liberté de s’arrêter devant chaque plage repérée au détour d’un virage.
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